au sujet de la décimation des beaux platanes centenaires des allées Niel à Muret
L'artiste niçois Ben n'a cessé de peindre et d'écrire sur ses tableaux la phrase : «Combien ça coûte ? » Tout a un prix hélas, y compris le Jeune Écrivain … Cher Monsieur Sebbah, il paraît que vous étiez le lundi 29 juin en salle Alizé à Muret au premier rang de la proximité avec M. Mandement maire de cette ville. Et que vous avez publiquement cautionné le projet d'abattage de près de la moitié des platanes des allées Niel, pour la construction d'un parking souterrain. Tribun dans cette tribune de «concertation », vous avez affirmé que les défenseurs des platanes étaient des «personnes hostiles au changement » et « qu'elles préféraient les arbres au bien-être des gens.» Votre prise de position indigne a de quoi indigner.
Pour qui vous prenez vous ? Votre nom étant surtout lié au Prix du Jeune Ecrivain, cette association n'a pas pour but un investissement écologique ou patrimonial. Les membres du Prix du Jeune Écrivain et les divers participants sont-ils d'ailleurs d'accord avec vous pour ce soutien à un projet très contesté ? Pourquoi mettre votre nom dans cette balance ? Etes vous sûr d'être une caution morale ? Vos flatteries aller-retour avec Mandement ne trompent personne ! Les sophismes et arrangements des services de communication sont comme le nez de Pinocchio ! L'enfumage de nos jours est vite repéré par les détecteurs de fumée.
Le bruit du vent frémissant dans les feuilles des platanes est aussi un bien-être. Depuis le mois de janvier mon association Poésie et Patrimoine ainsi que les exemplaires membres du Collectif Sauvons les platanes ne cessons de lutter contre le projet moche, mégalomaniaque, et arbitraire de votre partenaire en tronçonneuse, l'irréversible M. Mandement.
Détruire des platanes centenaires est un crime parce qu'il est irréversible comme tous les crimes. On ne pourra pas replanter des platanes centenaires sur une dalle de béton. Ceux qui à Palmyre sont prêts à détruire des temples sont aussi prêts à des meurtres barbares. Opposer la défense des arbres à celle du bien-être des gens est un argument chinois. Ne subventionnez pas votre responsabilité à des solidarités politiques et claniques, car ce n'est pas l'enjeu. Ne faites pas une tache graisseuse sur le PJE car il ne le mérite pas.
Il y a de cela quelques années en 1994 vous aviez rendu hommage aux résistants muretains au Lycée Pierre d'Aragon, vous m'aviez invité très aimablement à lire en public un texte de Jean Pierre Vernant aussi grand philosophe que grand résistant. Qu'il est loin ce temps là ! La vieillesse est un naufrage ! Pour enfoncer le clou vous avez prévu d'être sous les platanes dont vous précipitez le massacre, le jour du Tour de France. Vous allez y faire des lectures . Je vous conseille de faire lire en public un extrait des œuvres complètes de Raymond Poulidor à M. Mandement. Vous liriez – avec sur votre plastron la médaille de commandeur des Arts et Lettres - un extrait du Discours de la servitude volontaire de La Boétie. Quant à moi vous m'auriez invité et je continuerai à lire des textes de Vernant sur la résistance..
Veuillez recevoir, cher Monsieur Sebbah mes …
Serge Dejean
Poésie et Patrimoine


Absent de Muret lors de cette soirée du 29 juin, je n’ai pris connaissance des propos tenus par Monsieur Sebbah, grand défenseur de l’abattage d’un considérable nombre de platanes pour réaliser un parking souterrain sur les Allées Niel, que grâce aux enregistrements postés sur votre site.
RépondreSupprimerJe suis surpris de découvrir que, bien que socialiste, Monsieur Sebbah ignore tout de l’ouvrage de référence “10 années d’administration socialiste” rédigé par Vincent Auriol en 1935. A cette époque, la Mairie se dressait sur l’emplacement de l’actuelle sécurité sociale et était flanquée des deux écoles, primaire et maternelle Clément Ader. Vincent Auriol se félicite (p 27)d’avoir créé le parc Clément Ader sur l’emplacement d’un marécage et conclut, fier de nous laisser en héritage un ensemble patrimonial harmonieux et cohérent “Partir des lieux, où se déroula la bataille de Muret, prolonger l’allée, où le Maréchal Niel dresse sa stature, Dalayrac sa fine silhouette et aboutir à travers un square, par dessus la Louge aux pieds du précurseur de l’aviation. Quel résumé d’histoire à faire par l’art et la pierre…” Comment peut-on se dire fidèle à l’esprit de Vincent Auriol et envisager de saboter cet ensemble patrimonial, qui lui tenait à coeur ?
Vincent Auriol conclut en souhaitant que” la population utilise ce qui a été fait pour elle et prospère dans le cadre établi à son intention” (p 171) Il ignorait certes que la ville allait se développer, que les classes aisées allaient s’installer sur les hauteurs et disposer de parcs arborés et de piscines privatives et que les allées Niel et ses platanes centenaires deviendraient le poumon vert d’une population pauvre de centre ville, qui vit majoritairement en appartement. S’opposer à l’abattage des platanes des Allées Niel, ce n’est donc pas préférer les arbres aux humains, c’est plutôt défendre un cadre de vie acceptable pour les habitants du centre ville les plus déshérités, c’est choisir tout simplement la vie et l’air pur plutôt qu’un parking, aspirateur à voitures des gens d’en haut !
Céline
Bravo Céline, tout cela est bien dit
SupprimerRoland